Menu

BIO

Au commencement, il y a deux aires géographiques, la Méditerranée et les Caraïbes, deux régions métissées fort éloignées l’une de l’autre, qui fusionnent dans les veines de Jérémy Couraut, fondateur et leader de Djé Balèti. Un père d’origine cubaine né à Caracas, une mère aux racines siciliennes et tunisiennes, élevée au Venezuela : ses parents l’entraînent dans tous leurs voyages.
Sa quête d’identité, Jérémy l’accomplit en musique. A la source, il y a, bien sûr, des icônes du rock : Jimi Hendrix, Led Zeppelin, les
Stones… Au fil du temps, il tente de s’émanciper, de définir sa propre bande-son, de trouver sa voie.

Serait-ce le blues ? « Quand j’ai entendu dans une rue de la Nouvelle Orléans une chanteuse donner corps à son quotidien, conter l’histoire de ses ancêtres avec ses tripes, j’ai renoncé à la copier. Je me suis dit que je devais aller plus loin en moi, chercher la source ». De la chanson française, dans la lignée de Brel, Fréhel, Piaf, telle qu’il l’interprète dans l’un de ses premiers groupes parisien, le Bringuebal? « Ce n’était pas moi, il me manquait beaucoup de choses….». Jérémy reprend alors la route, bourlingue à la recherche de son idéal musical : il joue de la musique des Balkans, traîne avec des gnaouas à Marrackech, bosse dans une école de musique au Brésil, appréhende la musique du Sud de l’Inde et celle de Grèce et d’Egypte…

Finalement, la réponse viendra d’un livre d’Annie Sidro, historienne du carnaval de Nice. Sur une gravure, au milieu des trompes énormes du mythique « Orchestre de la Vespa» (l’«Orchestre de la guêpe»), un instrument à cordes : l’espina, une « épine », un « dard », un
instrument allongé, au corps de calebasse, aujourd’hui disparu. Jérémy demande à Jérôme Desigaud, luthier, d’en façonner un. Lui-même l’électrifie. Il a trouvé son langage. « Sans les références liées à la guitare ou au saz, je jouissais désormais d’une liberté totale ! »

Les morceaux du groupe marient bien souvent de deux rythmes, ce qui donne le « pica doun pica » (traduction joyeuse : « ça tape où ça peut »), soit un mélange vagabond, en équilibre sur le temps, entre le ragga ou le côco toulousain et la tarantella italienne, si présente à Nice.
Le trio Djé Balèti bouleverse les rapports scène-public : un chamboule-tout qui ne date pas d’hier !

Las de l’anonymat d’usage dans les concerts, de cette société de consommation qui transforme tout citoyen en spectateur passif, bouche ouverte dans l’attente de la « becquée » culturelle, Jérémy organise, dès la fin des années 1990, des bals endiablés (« balèti », en occitan) qui feront les beaux jours de la salle toulousaine La Dynamo.

Avec Antoine Perdriolle et Menad Moussaoui, la musique de Djé Balèti est encore plus influencée par l’Afrique et l’Occitan nissart, comme un pied de nez à l’histoire de France. Le rock n’roll y a toujours sa place ainsi que les rythmes afros propres au trio, développés dans les deux albums précédents.